J'ai la plume pour faire parader tes silences , sur les carreaux, là, juste entre nos lignes
Stressant, impressionnant.
J’dis pas, un verre de rhum ambré vieilli, un peu de banane, c’est un peu ce gout là que t’as.
Une saveur mure et brute.
Au détour d’une conversation aux accents légers et anodins, les caresses tendres et fermes. T’es un peu barbare, un peu sauvage, imposant de présence et de silence. Ça m’fait bizarre, ta nouveauté simple et bestiale. T’as peut-être juste la saveur brute et fruitée de ton pays. T’es démesuré à côté de moi. T’es profond, silencieux, colossal, puissant. T’as cette sagesse du temps passé et cette brutalité de la vie, t’es un peu écorché, cruel, impitoyable.
C’était pas feint, ma surprise. L’amalgame de nos deux corps sur ce sofa moelleux qui s’enfonce, ta peau sombre et brulante, moi blanche à pâlir, diaphane. La confusion de nos étreintes féroces, ça a ce gout d’inconnu, de sexe et de violence. Les dessins sur le dessus de ta peau jusqu’au tréfonds, et les marques, les plaies cuisantes sur ton corps, ça a fait tressaillir mes yeux. Mes yeux de gosse.
On s’est pas embarrassés de prétextes,
on s’est pas embrouillés de non dits, on a cuisiné le dessert comme des grands,
avec cette troublante sincérité. Simplicité. On a fait notre cuisine, notre tambouille,
notre mélange de nous, et puis c’est tout. On a gouté ce que ça donnerait, on a
joui de cette saveur inopportune, on s’est délecté en temps et en heure des
instants. On s’est regardé au fond, dans les abimes, dedans de toi, dedans de
moi, là où faut pas jeter les yeux, et nous, un peu cinglés, on s’est pas lâché
du regard, pas une seconde.
C’est terrible comme j’me sens petite.
C’est terrible comme je suis gênée.
C’est terrible comme tu m’impressionnes
et comme tu me terrifies.

"Grandmother is sick and weak, and I am taking her some cake and wine. We baked yesterday, and they should give her strength."