J'ai la plume pour faire parader tes silences , sur les carreaux, là, juste entre nos lignes
Encore. Une soirée sous substances, une soirée sous alcool,
une soirée vague, sans souvenirs réels, des bouches, des femmes, des hommes.
Souvenir d’un brun sensuel, d’une blonde sexy, des corps serrés, enlacés, des
lèvres délicieuses, des verres remplis jusqu’à ras le cœur, les yeux fatigués,
les pensées qui s’entrechoquent sans cesse, sans heurts pourtant, tout s’emmêle,
c’est si vague, juste des réminiscences, des visages qui me reviennent, des
sensations douces et excitantes, des langues qui se caressent... une douce blonde
au sourire rieur, un grand brun boudeur et sexy, je ne sais plus. T’étais pas là, je n’ai pas pensé à toi et pourtant je t’aime
plus que tout, plus que moi, plus que tout ça.
Insoumise. Incohérente. Inconstante. Insouciante.Insatisfaite. Inconsolable.
Curieuse.
J’ai l’impression de t’avoir rencontré il y a peu ou peut-être de te
connaitre (un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout) depuis toujours. Je te
sous entend toujours de la même manière, enfin, je t’imagine. Juste là, posé,
sur un genre de canapé pouf, un bedo fuyant entre les doigts, le verre de
martini calé sur une table basse, entre un bouquin de médecine et une paire de
lunettes sérieuses et si j’osais, sexy, portées sur le bout de ton nez. Un
sourire espiègle et satisfait sur un menton mal rasé, qui pique, un poil, un
peu. Tu me sortirais une vanne, un peu méchante, peu scrupuleuse, bien placée,
excitante. Juste ce qu’il faut pour aiguiser la curiosité et se mettre les
nerfs en plote, à deux, c’est mieux. Suffirait d’un rien, d’un mot, d’un jeu,
pour faire monter le ton entre nous deux. Juste ce qu’il faut d’agacement,
d’excitation, d'insolence et de douceur pour s’arracher les cheveux…, les
vêtements ?
T’écrases ta clope. C’est anodin pourtant. Quelque chose de naturel, tellement
naturel que l’on y prend plus garde, venant de toi. En relevant la tête, tu
souris à une blague idiote, une remarque sensée, insensée. Peu importe. Tu ne
fais jamais rien comme les autres, ou plutôt jamais rien comme tout le monde.
C’est bien ou c’est mal, je ne vais pas juger. Peu protocolaire en tout cas, la
façon dont tu me griffes le dos.
Tu bois quelques gorgées de martini, essuies la petite goute fuyante sur le
rebord du verre. Et c’est juste, comme une envie de glisser ton doigt dans ma
bouche, le lecher, le mordiller, le devorer. Tu ne dis rien, tu ne fais rien et
tout vient. C’en est agaçant, vexant, excitant, tellement de facilité. Tu
désires et prends selon tes propres règles, dans ton propre jeu où je me
retrouve mêlée, de force, de gré.

Hello goodmorning by cloud room
Le gout du citron dans le fond du verre de martini a un gout sucré, acidulé, piquant.
Un peu comme toi, je crois.
Je reconnais ses pas dans le couloir. Pressés, très pressés et pressant. La porte qui claque, le cliquetis des clés qui fait écho à mon sourire. A moins que je ne le retrouve déjà attablé, à son bureau tripotant paperasse, stylos, bouts de rien, a checké ses mails, un café dans le coin, tout prêt de se casser la porcelaine sur la moquette perplexe. Toujours aller vite, en oublier des bouts, pour y revenir, pressement, promptement, repartir. Productivité, perfectionnisme, efficacité. Un océan en ébullition. L’ambiance me plait, le contexte et les contraires m’attirent. J’ai l’imagination débordante, débordée par les situations improbables et amusantes. Un coup d’œil par-dessus l’écran, calme, petite musique, concentration, l’instant d’après le bordel et l’effusion des pensées.
Sa personnalité m’intrigue et m’agace à la fois. L’inaccessible excitant instant de confusion. Je ne vois pas si clair que ça dans mon jeu. Les possibilités m’amusent. Les interdits m’excitent.

"Grandmother is sick and weak, and I am taking her some cake and wine. We baked yesterday, and they should give her strength."