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Mercredi (22/02/12)
"Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais."
--> Baudelaire

Instantané.
Il ne faudrait que quelques instants pour t'ébaucher, comment on dit déjà, en deux coups de crayons, deux coups de cuillères à pot. Et un fatras de mots confus, pour le réalisme des sens*. Il n'y aurait qu'à étaler les différences et constater les dégâts avec un soupçon d'insouciance, d'élégance, hausser les épaules, soupirer et s'épancher en silence sur tout ce qu'il y a d'insensé et de contradictoire là-dessous. Sous les jupes, sous les esprits échauffés, les dentelles froissées, c'est cela oui, hurlons au paradoxe, disloquons les instants et les corps. Qui sais ce que l'on découvrira sous la peau, ce que l'on avisera en se dénudant.


SISINA

Imaginez Diane en galant équipage,
Parcourant les forêts ou battant les halliers,
Cheveux et gorge au vent, s'enivrant de tapage,
Superbe et défiant les meilleurs cavaliers!

Avez-vous vu Théroigne, amante du carnage,
Excitant à l'assaut un peuple sans souliers,
La joue et l'oeil en feu, jouant son personnage,
Et montant, sabre au poing, les royaux escaliers?

Telle la Sisina! Mais la douce guerrière
À l'âme charitable autant que meurtrière;
Son courage, affolé de poudre et de tambours,

Devant les suppliants sait mettre bas les armes,
Et son coeur, ravagé par la flamme, a toujours,
Pour qui s'en montre digne, un réservoir de larmes.


— Charles Baudelaire


Ecrit par LililOu, à 00:04 dans la rubrique Effects.
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Mercredi (14/12/11)
Murmures
--> Merci Songe...
 Les battements de mon coeur ce sont fait murmures  devant l'imposant édifice de pierre détruit par le souffle des années,  par des vents destructeurs qui soupirent lentement, assidûment sur les  souvenirs, n'en laissant plus que des traces vacillantes, essoufflées  dans ma mémoire. Je cherche à me replonger dans cette ambiance  spirituelle, vertigineuse où mon souffle de vie s'est tu pour la  première fois, lors de la pose de la première pierre. Tant de temps a passé, ma foi a été  ébranlée par les évènements d'une vie. Tout ce que j'ai pu croire en  ces instants reculés me semble si vague, un vestige de jeunesse, d'une  adolescence pâle, où je ne m'appartenais pas moi même, consumée que  j'étais par un fanatisme vibrant. J'imposais à mes genoux la  meurtrissure du froid sur le sol glacé et dur de la chapelle, dans le  silence pesant d'un ciel trop élevé pour les hommes, frémissante de  béatitude dans la prière, dans le jeûne auquel j'astreignais ce corps trop maigre et délicat qui m'était fardeau de chairs sacrilèges, si frêle, à peine  sorti des douceurs de l'enfance. Je ne voyais mon âme que transfigurée par la sainteté, image humaine de la perfection voulue par le Seigneur.  Il me fallait endurer tous les maux afin d'irradier mon âme de pureté,  faire pénitence pour les pêchés de tous, m'offrir toute entière,  m'emmurer dans la pénitence et la contemplation de Dieu ; faire de mon  corps, ma chair, cette peau sur mes os, une ébauche à la  sainteté, un martyr à l'hégémonie de Dieu. Que dire aujourd'hui ?  Que  les souvenirs et les traces sont encore sourdement imprimées sous mon  épiderme, que mon âme se débat encore dans les ténèbres, affligée  d'écorchures, affaiblie par la prière et par trop d'années silencieuses,  meurtrie par mes sacrifices, par l'aliénation volontaire de mon  enfance. Je voulais rester pour toujours et pour tous l'innocence  incarnée et suppliciée derrière des barreaux de fer.
 
 Était-ce  pur égoïsme ou pure inconscience ? Je n'ai jamais douté de Dieu, mais  j'ai douté de moi et ma volonté a fléchi, grappillée progressivement par  une autre force qui m'était jusqu'alors inconnue. Je me suis laissée  dévorer toute entière par l'instinct maternel. Dieu avait pris une place  si infime dans mon coeur trop plein de cet amour insaisissable, que  l'angoisse et une douleur pire encore que tous les maux précédents m'ont  assaillie. J'étais le creuset de toutes les peurs, de tous les affres.  Cet  avenir si hasardeux que j'allais lui laisser, le déchirement de la  séparation dépassaient en intensité tous ces mois de privations. J'avais  atteint le paroxysme de la terreur dans la crainte qu'on m'enlevât mon enfant, qu'il  meure de mes errances chrétiennes, de ma sainteté égarée, toute  hérétique que je devenais pour protéger ma chair.
 
 À cet  instant, dans le froid mordant, face aux ruines de ma vie, tout me  revenait en saccades émotionnelles. J'ai du m'arrêter pour reprendre mon  souffle fuyant et oser lever les yeux vers ce ciel dont je fus  privé si longtemps et qui me semble être encore aujourd'hui comme un trop  grand bonheur, grandement immérité. Le souvenir allait me tuer. J'avais résisté à tant de mes morts et prié pour tant d'âmes que je  n'avais plus la moindre vertu en mon coeur. Tous ces mots qui m'ont emplis durant toutes ces années, ces pêchés  clairement avoués, cette humanité grouillante et souillée, ont fini par  me gorger de violence, m'imprégner d'amertume. Je suis morte dans ce  tombeau quand il m'a été arraché des mains, mon fils, ma chair. J'ai  tant griffé les murs, tant lacéré ma peau, je cherche encore des traces  mais je ne vois plus rien, je n'entends plus que des murmures, les murmures  d'un temps révolu où l'on consacrait la douleur, où on l'élevait au titre  de salut.



Ecrit par LililOu, à 00:32 dans la rubrique Body.
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Vendredi (25/11/11)
Autocratique
Mes yeux s'accrochent le matin sur sa peau brune et sa mine si sérieuse. Le soleil est inexistant à cette heure ci, du gris sinistre et du béton à perte de vue, des routes, des immeubles, rien de suffisamment impalpable pour se laisser à rêvasser. Mis à part elle, délicieusement insaisissable, intangible, à quelques centimètres. J'ai tendance à la dévorer des yeux, je m'attarde sur ses jambes fines, toujours en jupe, toujours ces jambes... une vision un tantinet érotique après un réveil difficile et trois cafés sans petit  déjeuner. J'ai le pouls en accéléré, caféine ou instant sensuel, peut importe qui du naturel ou de l'artificiel revient au galop. Elle est si impressionnante dans sa rigueur esthétique, toujours impeccablement vêtue, cheveux noirs et lisses retombant adorablement jusqu'au milieu de son dos, véritable incitation à l'intime. Elle ne grelotte pas, n'oublie jamais son parapluie, a toujours un sac à main différent. Elle est si provocante dans sa perfection qu'on voudrait la froisser. J'aimerais l'apercevoir au réveil, bouche pâteuse et cheveux défaits, nue et sombre au milieu des draps blancs. J'aimerais la voir sourire, ne serait ce qu'une ébauche. Cette bouche si sévère et sérieuse, j'aimerais la surprendre à gémir, déceler une nuance de vie en cette beauté glacée. On ne peut être aussi belle et mettre une telle distance entre soi et le genre humain, ce n'est pas raisonnable, ce n'est pas sensé.

Elle s'attarde sur mes chaussures. Je ne saurais dire si elle acquiesce le style ou désapprouve mes étourderies vestimentaires. Je suis trop occupée à déguster son grain de peau, je m'éternise sur sa bouche, son nez caractériel. C'est le genre de femme qu'on aime à crever et qui nous brise d'un geste de la main, condescendant, hautain, entre l'adieu et la lassitude. Une femme tour à tour excessive, colérique et rancunière. Une femme qui nous oublie en un bref instant de fausse oisiveté, nous désavoue, le genre de femme à changer de sac à main tous les matins.


Ecrit par LililOu, à 02:27 dans la rubrique Body.
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Mercredi (23/11/11)
Instanthèque
Cette idée fantasque et particulièrement déraisonnable de collectionner les instants est délicieuse. Je commencerais par collectionner des sourires, puis des soupirs, de ceux qui naissaient de la brièveté d’un accrochage au bonheur et de ceux qui se laissent trahir par une brusque passion, trop intense ou trop fugace. Des instants authentiques et sensuels. Pour tout dire, l’idée est alléchante, j’ai déjà l’impression de laisser ici des instants, mais une collection, comme c’est farfelu, sensitif et passablement romanesque.
Ecrit par LililOu, à 11:28 dans la rubrique Heart.
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Dimanche (13/11/11)
« Les mots, comme les armes, partent parfois tout seuls. »
--> Pennac
« Il y a des gens formidables qu’on rencontre au mauvais moment.
Et il y a des gens qui sont formidables parce qu’on les rencontre au bon moment. »


Je t’avais écrit que les choses changeaient.
Que les oiseaux s’envolaient pour fuir les réalités de la vie
Et qu’il fallait nous envoler nous aussi.
Autant pour fuir que pour se sentir libre et goûter le bleu du ciel dans cet élan avide de sensations et de sentiments.
Alors dis moi, est ce que tu sais enfin pourquoi la fuite et la liberté ont le même goût ?

Je t’avais écrit que les choses s’effaçaient.
Que les souvenirs amers et les déceptions disparaissent dans le sable à la mesure du temps passé à continuer de vivre. À s’abrutir de vivre. Les larmes ont la saveur trop vivace des tasses en pleine mer, à bruler la gorge et à s’étouffer de survivre aux autres quand on se sait déjà vide. On remplit à coups de tasses d’eau salée, des ventres béants, des gouffres, avec la lente et fervente récidive des marées.

Je t’avais écrit que les mots tuaient.
Avec précision et acharnement, qu’ils pouvaient être aussi consolateurs et vertueux qu’ils pouvaient être carnassiers et ravageurs. Qu’il ne te suffisait que de quelques mots pour que mon cœur s’échoue et se brise. Le plus insoutenable des gestes ne vaudra jamais la détresse que peut provoquer le mot juste.

Mais je crois que ce qui tue le plus, ce sont les silences, l’absence… les mots qui ne sont plus et qui nous usent à défaut. À l’usure, lentement, fervemment, comme on brûle les pages d’un livre qui n’a jamais été écrit.


Ecrit par LililOu, à 15:46 dans la rubrique Full.
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Lundi (10/10/11)
Line
Il n'y a pas besoin de sortir de son ordinaire pour rencontrer des gens extraordinaires.
Pour parler de ces rencontres qui nous marquent, sensiblement, sur, sous la peau, profondémment. Par un geste, quelques mots ou simplement une présence. Et on construit avec ce que l'on a, on endure comme on peut, on bouffe, on croque la vie avec un appétit démesuré, on est avide de toute chose, de chaque instant, tellement on crève d'effroi de tomber dans l'ennui, l'oubli, dans cette morne banalité qui entoure chacun de nos pas si on se laisse glisser vers le néant de la médiocrité. Si on se pète la gueule dans des vides qu'on aurait du combler bien avant, pour mieux rebondir au quotidien. Si.

Si on comblait les vides plus souvent avec un peu d'amour, de tendresse et de soupirs, histoire de mourir un peu moins seul, sentir l'air qui gonfle les poumons, respirer ceux qu'on ne voudrait plus jamais quitter.

Ecrit par LililOu, à 00:46 dans la rubrique Smell.
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Dimanche (03/07/11)
"I give myself very good advice, but I very seldom follow it."
Le temps est plus doux dans ce coin du monde, j'en frissonne. De la température et des souvenirs. Les dissonances tombent troubles dans les flaques de larmes aux allures de pays. Il y a comme une abîme, entre ici et là-bas, certains nous marquent, d'autres se démarquent, la plupart nous touchent, et on se consume à chaque échange, promesse, caresse.

Les souvenirs sont forts, puissants, parfois violents mais ils s'ébranlent avec la force du temps, la sévérité du quotidien. On oublie comme on mange, on s'y perd comme on s'endort, avec délice, sans réaliser, assimiler, à tel point qu'au réveil tout est déjà parti, même, n'a jamais existé. Si fugaces les instants volés au temps, si  vaine la lutte pour sauver les traces d'insouciance et de bonheur. J'exulte aux souvenirs, j'en redemande, tant et tant, qu'ici la fadeur me rebute. J'ai des envies de battre en retraite.

Si ce n'était que la chaleur du soleil, je n'en pleurerai pas. Au regret les rires qui fusent et les sourires qui nous accrochent à chaque coin de bouche et de rue. Alors, c'est peu dire, que tu as le charme de ton pays. La langueur des journées passées au soleil, la tendresse d'un quotidien rythmés par les rires des enfants, la gourmandise en bouche, le peau-a-peau familier des gens qui s'aiment et résonnent. Un peu de toi là-bas, et toujours un peu auprès de moi.


Ecrit par LililOu, à 01:01 dans la rubrique Body.
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Phrasés
Tout me semble futile au fond du lit, à des heures improbables, quand tu dors auprès de moi. Je ne me lasse pas de ta respiration en déroute et de tes soupirs d'enfant, tout sourire aux lèvres, coin de bouche amusée, à vendre père et mère pour que tes yeux s'ouvrent et qu'on se croise dans le noir, pour ajouter encore un peu plus de douceur à l'amalgame de nos deux corps, somnolents, somnolents. 

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J'écrirai les pires sornettes pour te faire manger mes couleuvres. J'épuiserai chacun de mes soupirs gantelés de tendresse à te faire mourir au bord de mes lèvres car il n'y de sens qu'à la charnière où les sens se révèlent, s'entrelacent pour se lasser, s'agacer à s'aimer. Je voudrais t'éprouver, te subir, te souffrir, te goûter, te sentir. Plus que tout ça. Il n'y a d'entrave qu'à l'adresse de ton hésitation.

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Je n'ai pas fini de me gausser des grandes gueules, à la verve vive certes, mais à la sagacité douteuse.
ça bafouille, ça jojote, ça se gonfle et ça expire d'inanité. Je n'ai pas le cerveau pratique, mais j'ai la patience fugace. Putin, ce que le monde m'ennuie parfois.

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Ecrit par LililOu, à 00:22 dans la rubrique Body.
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Mercredi (25/05/11)
Instant
Il y a tant de détails à retenir, sur ces gens et ces instants. Ne pas oublier, laisser inaltérable les secondes de bonheur. Celles qui nous accrochent le rire au cœur pour une éternité à ne plus respirer. Cet air de printemps qui s’engouffre goulument dans nos gorges déployées, insouciantes, cette mélodie du souvenir, à se tordre, se tordre, à en crever de se sentir vivant.
Ecrit par LililOu, à 15:32 dans la rubrique Smell.
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Mercredi (16/03/11)
Pulsions & Dessaisissement

Je ne sais plus à quel instant j’ai eu envie de te tordre le cou tant la pression m’a pris aux tripes, à m’en écraser le cœur. De colère et d’ivresse, j’aurai arraché chaque centimètres de ta peau méthodiquement, avec acharnement, comme on arrache les pétales des pâquerettes au printemps pour contrarier la solitude, geste pourtant si dérisoire et vide de sens.

C’est l’absence de détails qui brise un ensemble et transforme brutalement des entités de sens gigantesques en bagatelles. C’est la richesse de ces détails qui donnent du tangible aux symboles et à notre ardeur de vivre. Si tu perds ces repères, si simples et pertinents, tu rends les armes.


On a souvent tendance à s’ancrer dans le quotidien avec une facilité déroutante, on se cantonne à nos habitudes, nos petites manies risibles et défaillantes, rythmant les journées et les années, sans plus nous soucier de l’extérieur (de nous). Et lorsque l’attraction du geste fou, incertain et délictueux se profile à l’horizon, qu’il nous affleure avec indécence et concupiscence, y céder reste alors la plus douce des entreprises. Histoire de battre la chamade, un peu plus fort, histoire de consommer, d’éprouver dans cette société s’y apte à tenter (et à décevoir), pourquoi ne pas s’y aliéner ?

J’espère qu’il suffira d’avoir assez de scrupules pour ne pas perdre nos acquis.
Des scrupules pour tout ce que tu désireras d'autre.




Ecrit par LililOu, à 15:11 dans la rubrique Body.
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